Il y a tout juste un an, quatre garçons dans le vent débarquaient avec fracas dans le paysage musical français. En reprenant de grandes chansons, symboles de nos belles régions françaises, Les STENTORS ont aussitôt fait battre le coeur d’un large public. « Voyage en France » a été couronné d’un triple disque de platine (avec plus de 350 000 albums vendus). Des chansons – comme « Les Corons » ou « Je viens du Sud » – ont vécu une nouvelle vie inattendue. Puis, on les a vus en première partie d’I Muvrini au Trianon, de Michel Sardou à Bercy, et leur tournée a rencontré un beau succès. Cerise sur le gâteau, Les STENTORS ont même eu l’occasion de partager un duo avec Céline Dion à la télévision.
Rencontre avec Les Stentors au Salon Du Louvre pour un entretien exclusif.
Avant de parler de votre nouvel album, « Une Histoire De France », pouvez-vous nous raconter la genèse des Stentors ?
Vianney : C’est un mot français qui signifie « avoir une voix puissante », puisque nous sommes chanteurs d’opéra et cela correspondait à l’idée de ce qu’on voulait faire tous les quatre. A l’initiative de Sébastien, (on se connaissait par le biais de l’opéra), on avait déjà chanté ensemble. Sébastien nous a proposé de faire des reprises de chansons françaises sur un modèle de II Divo. Comme nous sommes fous, il y a trois ans de cela, nous avons décidé de le suivre et nous avons créé le groupe « Les Stentors ». Mongli : Nous avons sorti en premier temps, notre album « Voyage En France » en Suisse, et ensuite on a continué avec TF1 en France.
Comment vous vous êtes rencontrés ?
Mathieu : Vianney et moi, avions déjà chanté ensemble dans « la flûte enchantée ». Sébastien et Mathieu avaient déjà chanté ensemble également.
Sébastien : Nous n’avions jamais chantés tous les quatre ensemble mais en revanche en binôme dans des scènes d’Opéra. On a fait des productions ensemble.
Mongli : Nous nous connaissons déjà tous depuis plusieurs années.

Comment avez vous choisi le nom du groupe ?
Le groupe était déjà constitué, il fallait lui trouver un nom. On va vous passer toutes les mauvaises propositions qui ont vu le jour (Rires), il y a eu du lourd, les quadricolores, frenckys !!! (Rires) C’est moi qui ait pensé à faire les associations d’idées par rapport à la puissance de nos voix qui est le moteur de l’opéra. J’ai pensé a une expression, a une voix de stentors qui signifie dans le langage courant, avoir « une voix puissante ». J’ai dit « Les Stentors » et tout le monde était d’accord.
Techniquement, n’est ce pas trop difficile pour vous de passer du lyrique à la variété ?
Vianney : Je pense que nous avons chacun une expérience différente. J’ai adoré de passer de l’un à l’autre. Sébastien avait l’habitude de chanter ce répertoire là, cela lui venait très naturellement.
Mathieu : C’était très intéressant, j’ai beaucoup aimé.
Mongli : Pour l’expérience, le défi. Ce qui est le plus difficile au début, pour moi c’était par rapport au micro, je n’avais vraiment pas du tout l’habitude. Je chantais comme une brute ! Au début, il a fallu s’adapter, Nous ne chantions pas lyriquement tout le temps, il fallait placer des voix un peu plus claires, un peu plus pop. Cela a été difficile pour moi de trouver l’entre deux. Finalement, cela s’est trouvé avec le temps.
Vianney : Finalement cela a été très agréable.

De quelle façon est né le concept de ce nouvel abum «Une Histoire De France » ?
Mongli : Ca été une suite logique avec le premier album.
Sébastien : Dans le premier temps, on avait choisi un thème fort qui et des moments
étaient de rendre hommage aux régions françaises à travers des chant très forts » des chansons comme « les corons », « je viens du sud » etc… On a eu envie de reprendre des grands standards, des grands succès et c’est venu très naturellement comme ça. Ce sont des chansons qui font partie et traitent de l’histoire de France, donc le thème est venu petit à petit, tout à fait naturellement. Notre groupe se donne pour vocation de chanter avec des voix lyriques, deux ténors, deux barytons. Des voix d’opéra et aussi de chanter des chansons françaises. Nous ne sommes pas le groupe II Divos. Nous ne chantons pas de la même manière, nous ne chantons pas de la variété internationale, nous chantons exclusivement en français,
Mongli : De temps en temps, nous chantons un petit peu dans la langue Corse et aussi dans la langue Bretonne.
Mathieu : Il fallait continuer sur ce thème là. On ne pouvait pas choisir des chansons américaines, ou des chansons de comédies musi- cales. Cela nous aurait plu aussi. On a voulu garder une notion du titre de l’album « de France » pour que chaque français ou chaque amateur de chanson française puisse s’y retrouver. Là c’est vrai, nous sommes allés chercher un peu plus en amont, nous sommes aller chercher des chansons de 1878 à 1964. Nous avons trouvé des chansons qui étaient écrites pour des chanteurs à voix, ( Edith Piaf est une chanteuse à voix ), et également pour des chanteurs d’Opéra. « Le Chant Des Partisans » notre single a été chanté exclusivement par des chanteurs d’Opéra. A cette époque là, il n’y avait pas de micro, quand ils chantaient devant une place ou devant un opéra, ils chantaient avec des voix puissantes, avec des voix de stentors. Notre groupe est légitime de pouvoir reprendre ce chant.

Parmi les milliers de chansons de cette époque, de quelle manière, avez-vous choisi les 12 titres de l’album ?
Mongli : Du moment que l’on avait fixé la thématique et autour de trois, quatre chansons que l’on voulait tous faire, chacun a fait la proposition d’une liste d’une cinquantaine de chansons, chacun a fait la proposition d’une liste d’une cinquantaine de chansons, chacun a proposé quelque chose. Nous sommes arrivés au final avec 12 titres qui ont remporté le suffrage.
Comment s’est passé l’enregistrement ?
Vianney : Encore mieux que le premier. A force de travailler ensemble, on se connaît mieux. Pour l’arrangeur aussi. Il connaissait déjà le genre de musique qui va le plus avec nous, c’est vrai, maintenant , cela marche très bien.
« Le Chant des partisans » est le premier single, pourquoi ce choix ?
Vianney : Dans la liste des morceaux du premier album, la chanson « Les Corons » est ressortie tout de suite. Idem pour « Le chant des partisans ». La portée historique est très forte et à la fois internationale aussi. Dans d’autres pays d’Europe, ce titre est connu. IL Y’a quelque chose de très beau, pour la liberté, pour l’unité, la justice, cela s’imposait avec quelque chose de très lyrique comme disait Mathieu.
Sébastien : Ce titre est complètement l’âme de cet album. C’est autour de ce titre que la thématique de l’album a été créée. Il était le plus légitime de le représenter en premier.
Ce single fait l’objet d’un clip, pouvez-vous nous raconter le tournage ?
Mongli : Le tournage s’est très bien passé. Nous avons tourné avec Jean-Marie Anthony, qui le réalisateur du clip « Châtelet les halles » avec qui on avait déjà adoré collaborer. Il avait fait un travail admirable sur celui-ci. Nous avons tourné en Corse dans des paysages magnifiques, il voulait créer une histoire, un peu narratif, que l’on se retrouve à l’époque, comme des partisans. Il a fait vraiment une belle réalisation.
Parmi les 12 titres de l’album, quelle est votre « chanson » préférée ?
Mongli : « J’attendrai »
Sébastien : « l’hymne à l’amour »
Mathieu : « le chant des partisans »
Mongli : « j’attendrai » c’est vrai que musicalement, c’est elle qui me bluffe le plus.
Vianney : « J’attendrai » , le travail qui a été fait dessus est vraiment spectaculaire. Là, je pense que les gent vont être plutôt surpris. Je pense qu’ils vont la découvrir d’une manière différente. Elle a pris une toute autre dimension tout en gardant la même émotion.

Vous allez débuter une nouvelle tournée début juin, de quelle façon abordez-vous ce nouveau spectacle ?
Mongli : C’est la continuité du premier.
Sébastien : On a repris les bases de notre première tournée de l’année précédente, on va rajouter plus de la moitié des chansons du deuxième album. C’est plus une réadaptation. Ca se présente très bien, on a hâte, on va faire le théâtre du gymnase le 2 juin prochain à Paris jusqu’a l’été 2014. On est ravi et très excité à l’idée de remonter sur les planches.
Y aura t’il une mise en scène particulière liée à cette époque ?
Mongli : Non, pas du tout, on ne veut pas faire de mise en scène par que cela aurait été un projet hors sujet, même si on raconte une histoire que le thème du voyage en France.
Sébastien : C’est beaucoup trop ambition peut-être par rapport à ce que l’on voudrait défendre.
Mongli : Nous, on veut juste chanter des chansons là à notre mode à nous. En revanche, il y’a une mise en espace, une mise en lumière; Il y’a une vraie continuité.
Vianney : Il y’a une vraie vie sur scène, c’est très vivant, il y’a une formation classique un peu comme un récital. Il y’a un piano, nous sommes quatre, il y’a des mouvements, des choses interactifs, ce côté créatif que l’on aime bien aussi.
En décembre dernier, vous avez été en première partie de Michel Sardou à Bercy, et vous avez interprété un duo sur le titre « Je viens du sud », quelle expérience en tirez-vous ?
Sébastien : Il était très content, il était très impressionné de chanter après nous (Rires). On a eu de bonnes surprises , des moments très forts. Celui-ci a différents degrés a été un des plus forts non seulement par le nombre de téléspectateurs qu’il y avait (c’était quand même à Bercy), aussi par ce que on a chanté le duo avec lui « Je viens du sud ». Ca été une expérience unique. Ce qui nous a fait le plus plaisir ( en dehors du fait d’avoir été impressionné d’être là). C’est de voir l’accueil que nous a réservé le public de Michel Sardou, une partie de son public est- venu nous voir à Lille (qui nous avez vu à Bercy) et ça cela nous a fait vraiment plaisir.
Quel souvenir gardez-vous de votre duo avec Céline Dion ?
Sébastien : Cela a été beaucoup plus court, c’était lors de l’émission « Chabada ». C’était vraiment un point culminant de notre année. Nous avons été amené a chanter avec des artistes que nous aimons beaucoup. Mais là, on parle de la plus grande star mondiale vivante (Michael Jackson étant mort a priori et Elvis aussi). C’était quelque chose extrêmement impressionnant par ce qu’elle représente, justement icône mondiale de la chanson mais aussi ce qu’elle représente en tant qu’interprète. Elle a vraiment tout donné lors de l’enregistrement avec un professionnalisme en sachant que c’était son quatrième enregistrement de la journée et qu’elle faisait une tournée marathon en France pour la sortie de son nouvel album.
On rencontre beaucoup d’artistes que l’on a connu quand on était gamin. Quand on rencontre Céline Dion, on comprend pourquoi elle en est arrivée là aujourd’hui. C’est incroyable, c’est vraiment une boule d’énergie, elle a une personnalité étonnante. Elle dégage de quelque chose d’incroyable.
Vous participez également à l’album « Thérèse » en duo avec Natasha St Pier ? « Ma Joie ».
Vianney : Nous sommes ravis d’avoir pu retrouver Natasha St Pier avec qui on a fait un duo « A Paris » sur notre cd collector. Elle nous avait fait l’amitié de chanter avec nous au Casino de Paris également. C’est une artiste que l’on commence a bien connaître, que l’on apprécie beaucoup parce qu’elle est extrêmement compétente d’une part, et très facile d’un autre côté. C’est une très bonne amie. Quand elle nous a proposé de venir collaborer sur l’enregistrement de son album avec Grégoire. Nous étions vraiment ravis de la retrouver. On l’a revu aussi pour un show case exceptionnel à l’église Sainte Thérèse à Paris pour présenter cet album qui sortait. Ce fût un très bon moment.
Après ces deux albums de reprises, n’avez vous pas envie de faire un album de chansons originales ?
Sébastien : C’est une question qui vient souvent. Pourquoi ne faire que des reprises et notre réponse est invariable. IL y a plusieurs raisons. La première, nous sommes des chanteurs de reprises et d’opéra, c’est ce que l’on fait depuis toujours, pour nous, ce n’est pas péjoratif. La deuxième raison, on ne fait pas juste une reprise de la chanson, on modifie considé- rablement la chanson, comme pour « la mer », « j’attendrai », la manière dont elle a été chanté par nous, c’est la première fois, c’est à dire a quatre voix, une orchestration lyrique, c’est une re création, ce n’est pas vraiment une reprise au sens propre du terme loin de là. Pour un artiste, reprendre avec sa voix ou un arrangement, c’est vraiment une révolution. La troisième chose, en tant qu’interprète, nous avons envie de créer des œuvres, mais ça il faudra des conditions soient réu- nie et que l’on rencontre aussi un immense succès sur cet album là. Il faut aussi qu’il y ait une vraie demande de la part du public et de nos producteurs, qui eux, nous suivent dans l’aventure. Aujourd’hui, on sait que l’industrie du disque étant en crise, c’est plus compliqué de faire un nouveau projet sur lequel on part de zéro dont on sait que quelque chose va plus ou moins fonctionner. Ce deuxième album est sorti car le premier album a plu, créer un album c’est complètement différent.
Vianney : Là, ce sont des vrais choix de vie très important dans la mesure que nous sommes 4 chanteurs d’opéra et que l’on souhaite continuer le plus possible notre carrière de soliste en parallèle. Ca plus les stentors, il faudrait être déjà deux pour faire ça. Il faudrait faire des choix, on ne pourrait plus tout faire, peut être qu’un jour l’idée viendra de faire un album de création. Mais pour l’instant, nous en avons pas le temps.
Depuis la sortie de votre premier album « Voyage En France), quel est le souvenir qui a vous marqué le plus ?
Sébastien : A titre personnel, je pense que d’être assis à côté de Céline Dion.
Mongli : Pour moi, tous les duos, toutes les rencontres artistiques que l’on a eu.
Vianney : Notre spectacle au Casino De Paris qui fut un fantastique succès et c’était pas mal ça aussi.

LES STENTORS « UNE HISTOIRE DE FRANCE »
Sorti en 2013
01. Le chant des partisans
02. Mon amant de Saint-Jean
03. L’hymne à l’amour
04. Les feuilles mortes
05. Domino
06. Le déserteur
07. Les robes blanches
08. La mer
09. Lily Marlène
10. Parlez-moi d’amour
11. J’attendrai
12. Le temps des cerises





