Dick Rivers revient sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé «Mister D» dans les bacs depuis le 31 Octobre dernier et publie un livre entretien en compagnie de Sam Bernett aux éditions Florent Massot… Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière… Il est actuellement en tournée qui passera à l’Olympia le 31 mars prochain.
Tout comme Sylvie Vartan, vous fêtez cette année, vos cinquante années de « musique », N’avez-vous pas peur de ce chiffre vertigineux ? Quel bilan faites-vous de votre carrière ?
Dick Rivers : Pas du tout. Je n’ai pas vu passer le temps. J’espère avoir bonifié au fil des décades, d’avoir su faire évo- specimen luer ma musique. J’ai eu la chance de débuter à une époque rarement dorée. On faisait nos preuves sur scène. J’ai appris mon mé- mes vieux
tier à l’envers mais ce fut bénéfique. Je ne réécoute que très rarement mes vieux enregistrements mais je n’ai pas honte de enregistrements quoi que ce soit. Chaque période correspond à une tranche de vie et colle bien à la décade concernée. Je ne me suis jama
renié et n’ai jamais joué les caméléons pour plaire à tout prix. Quand il y eut des creux de vague, le Québec me sauvait de l’indifférence des médias français, qui , paradoxalement m’éloignait de mon public qui me restait fidèle mais n’entendait plus trop parler de moi. J’ai fait de la radio avec passion, j’ai sorti plusieurs bouquins, j’ai rencontré les meilleurs musiciens au monde dans le domaine du rock mis à part Eric Clapton et Jeff Beck… alors non pas de regrets.
Et si c’était à refaire, vous referiez la même chose ?
D.R. : Sûrement. Je n’ai honte de rien ou de pas grand chose. Evidemment quand j’avais 15 ans, les éditeurs et notre direc- teur artistique nous imposaient certaines reprises ou chan- sons qui nous laissaient assez indifférents. On aurait voulu tout chanter en anglais. Pour nous le rock c’était en anglais. Chanter en français était déjà une grosse concession. Sur scène on se vengeait un peu en faisant des classiques en an- glais à la fin du spectacle comme je le fais toujours aujourd’hui d’ailleurs. Je ne me suis jamais «prostitué» pour rester à tout prix à la mode. Je n’ai jamais chanté de choses qui ne me ressemblaient pas. Je suis plutôt assez fier de mon parcours finalement.

Pour cette occasion, vous sortez un nouvel album intitulé « Mister D », se déclinant sur plusieurs supports, le cd classique, une édition collector incluant quatre titres supplémentaires, et le plus surprenant à l’ère du digital, vous sortez un vinyle ? pourquoi ce choix ? vous êtes nos- talgique ?
D.R. : Du tout. Je ne suis pas nostalgique, ceux qui me connaissent le savent et quand on me parle des Chats Sauvages çà m’agace même souvent car cela représente 16 mois sur 50 ans de carrière. Mais le vinyle revient à la mode, cà correspond à une certaine demande, à une niche. Et une belle pochette c’est tellement plus sympa proposée sur 30cm que sur 12cm ! Et puis le son est plus «rond» que sur le CD…
Le cd est censé de disparaître au profit du numérique, votre profession a changé, de plus, il y a la crise du disque, quel constat faites-vous ?
D.R. : Je déplore cet état de fait bien entendu. Ce métier est devenu un peu n’importe quoi. Les responsables des maisons de disques ne savent même plus qui ils ont «en catalogue» et ne se soucient que de rentabilité et non plus d’artistique. De plus il y a un certain «racisme» d’âge. Au delà de 40 ans, vous n’intéres- sez plus grand monde et ceci est valable pour la France comme pour l’Angleterre ou les Etats-Unis. Nombre de grosses vedettes n’ont même plus de label et doivent chercher d’autres moyens de faire connaître leurs disques. Internet est une possibilité. De- puis 1995 tout a été à une vitesse hallucinante. La scène est un specimen autre bon moyen de rencontrer son public et de montrer qu’on existe encore… Tant que j’aurai la santé pour me le permettre, je continuerai d’exercer le métier pour lequel j’ai sacrifié la plus grande partie de ma vie.
D’ailleurs, que pensez-vous des nouvelles technolo- gies ? (Internet, Ipod, Ipad, portable, Smartphone, etc ), l’utilisez-vous régulièrement ?
D.R. : Oui j’avoue être toujours intéressé par les nouvelles technologies. J’ai eu mon premier téléphone portable pour mon anniversaire en 1994, il ressemblait d’ailleurs plus à un «talkie-walkie» avec son antenne et son poids qu’aux minuscules iphones d’aujourd’hui ! J’ai à peu près tout ce qui se fait de mieux aujourd’hui pour communiquer rapidement et efficacement.

Suivez-vous le courant musical actuel (français et Interna- tional) et qui aimez-vous ?
D.R. : Je reste fidèle aux musiques «roots», blues, rythm’n’ blues, rock et country y compris les nouveaux noms qui font considérablement évoluer ces différentes musiques. Le Jon Spencer Blues Explosion par exemple. J’ai des goûts très éclectiques qui peuvent aller de Pavarotti à Pearl Jam. J’apprécie la voix d’un Josh Groban. Le côté rebelle d’une Amy Winehouse ne m’a pas laissé indifférent non plus mais aussi et surtout en raison de son grand talent hélas si vite stoppé à la manière d’une Janis Joplin. Seule la techno me laisse de marbre. En France quelques groupe rock m’intéressent tels que Mustang ou BB Brunes.
Revenons à votre nouveau disque, comment avez-vous collaboré avec Joseph d’Anvers, Oli Le Baron et Jean Fauque, les trois auteurs compositeurs de cet album ?
D.R. : Pour Joseph d’Anvers, nous avions fait connaissance aux Francofolies de La Rochelle en 2006. Pour L’Ode à Dick prévue, il est venu chanter en duo avec moi un titre de Johnny Cash et le courant est de suite passé. Je lui ai dit que s’il avait des idées de chansons pour moi, il ne se gêne pas. Il en a fait 2 ou 3 qui m’ont totalement séduit et finalement il a fait tout l’album, « L’homme sans âge » que j’adore et qui a été très bien reçu par la critique. Oli le Baron , je l’avais rencontré pour l’album éponyme précédent en 2006. On se comprenait bien. il est l’artisan de ce nouvel opus « Mister D » de A jusqu’à Z. Quant à Jean Fauque, à présent que mon ami Bashung n’est hélas plus là, il était davantage disponible et j’adore ses textes qui me collent à la peau. J’ai vraiment aimé collaborer avec « Jeannot ».
Vous n’écrivez pas vos textes ?
D.R. : Non, je ne suis qu’un vulgaire interprète. J’ai juste donné quelques idées parfois comme avec ma parolière
Mya Simille au cours des dix premières années de ma carrière. Dois-je rappeler qu’Edith Piaf ou Nicole Croisille en France ou Elvis Presley à l’étranger n’ont jamais écrit une seule ligne ? Ca ne les empêche pas d’être de grands inoubliables artistes.






